2025 restera dans les annales comme l'année des contrastes : records de chaleur battus, million d'espèces menacées, mais aussi mobilisation historique à Rio et replantation massive au Brésil.
Une année charnière pour le climat mondial
L'année 2025 marque un tournant décisif dans la lutte contre le changement climatique. Entre négociations internationales ambitieuses et phénomènes météorologiques extrêmes, le bilan environnemental de cette année révèle l'urgence d'agir tout en montrant des signes encourageants de mobilisation collective.
Selon les dernières données publiées en 2025, la température moyenne mondiale a déjà gagné 1,2 °C depuis l'ère préindustrielle, tandis que la concentration de CO₂ dans l'atmosphère atteint 420 ppm, soit une hausse de 2 ppm en un an seulement. Face à ces chiffres alarmants, voici les 10 événements qui ont marqué l'année écologique 2025.
1. COP30 à Rio : mobilisation historique
En novembre 2025, la COP30 organisée à Rio de Janeiro a rassemblé 195 pays sous l'égide de l'ONU dans un contexte d'urgence climatique accrue. Cette conférence a marqué un tournant avec des engagements plus ambitieux que jamais.
L'Union européenne a présenté un plan visant à réduire de 55 % ses émissions de CO₂ d'ici 2030 (base 1990), confirmant son leadership dans la transition écologique mondiale. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a réaffirmé son objectif de neutralité carbone pour 2060, tout en annonçant un renforcement de ses investissements dans les énergies renouvelables.
Les pays insulaires, particulièrement vulnérables à la montée des eaux, ont obtenu une victoire majeure avec la création d'un fonds d'adaptation doté de 20 milliards de dollars par an, destiné à financer les infrastructures de protection et les programmes de résilience dans les zones à risque.
2. Canicules européennes : des records pulvérisés
L'été 2025 restera gravé dans les mémoires comme l'un des plus torrides jamais enregistrés en Europe. En mai, 75 % du territoire européen a été touché par des vagues de chaleur précoces et exceptionnelles.
Les températures ont atteint des sommets historiques : 47 °C à Séville et des records similaires à Rome. En août, la canicule a battu tous les records avec un pic à 48 °C dans certaines régions du sud de l'Espagne.
L'impact sanitaire a été considérable. Selon Santé publique France, la mortalité a connu un pic de +12 % durant les périodes de canicule, touchant particulièrement les personnes âgées et les populations vulnérables. Ce phénomène confirme les projections du GIEC sur l'intensification des événements climatiques extrêmes.
3. Rapport du GIEC : des données qui interpellent
Le GIEC a publié en 2025 des données actualisées confirmant l'accélération du réchauffement climatique. La température moyenne mondiale a déjà augmenté de 1,2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, nous rapprochant dangereusement du seuil critique de 1,5 °C fixé par l'Accord de Paris.
Le rapport révèle également que 75 % des zones côtières sont désormais exposées à un risque accru d'érosion et de submersion marine. Les projections indiquent une élévation du niveau des océans pouvant atteindre 1 mètre d'ici la fin du siècle dans le scénario le plus pessimiste.
La concentration atmosphérique de CO₂ a franchi le cap des 420 ppm, confirmant que l'humanité continue d'émettre davantage qu'elle ne réduit. Ce chiffre représente une augmentation de 50 % par rapport aux niveaux préindustriels et constitue un signal d'alarme pour les décideurs politiques.
4. Biodiversité : un million d'espèces menacées
En mars 2025, l'ONU a publié son rapport annuel sur l'état de la biodiversité mondiale, dressant un constat alarmant. Sur les 8 millions d'espèces recensées sur Terre, 1 million sont désormais menacées d'extinction.
Les causes principales identifiées par les scientifiques sont multiples : destruction des habitats naturels, pollution, changement climatique, surexploitation des ressources et espèces invasives. L'Amazonie, poumon vert de la planète, a particulièrement souffert avec 30 % de sa superficie dégradée depuis l'an 2000.
Cette érosion massive de la biodiversité menace directement les services écosystémiques dont dépendent les sociétés humaines : pollinisation, purification de l'eau, régulation du climat, fertilité des sols. Le déclin des pollinisateurs en Europe en est un symptôme particulièrement alarmant. Les scientifiques parlent désormais de sixième extinction de masse.
5. Reforestation au Brésil : 2 millions d'hectares replantés
Face au recul de la forêt amazonienne, le gouvernement brésilien a lancé en 2025 un programme ambitieux de reforestation. Au total, 2 millions d'hectares de forêts ont été replantés, soit l'équivalent de la superficie de la région Île-de-France.
Cette initiative combine replantation d'essences natives, création de corridors écologiques pour la faune et accompagnement des communautés locales vers des pratiques agricoles durables. Le programme bénéficie de financements internationaux issus du fonds climat de la COP30.
Les premiers résultats sont encourageants : les scientifiques observent déjà un retour progressif de la biodiversité dans les zones replantées, avec la réapparition d'espèces de mammifères et d'oiseaux qui avaient disparu de ces territoires depuis plusieurs décennies.
6. Protection des océans : la Norvège s'engage
La Norvège a marqué l'année 2025 en annonçant la protection de 30 % de ses eaux territoriales, devenant l'un des premiers pays à atteindre l'objectif fixé par la Convention sur la diversité biologique lors de la COP15.
Cette décision crée un réseau de zones marines protégées où la pêche commerciale et l'exploitation pétrolière offshore sont strictement interdites ou fortement régulées. L'objectif est de permettre la reconstitution des stocks de poissons, la préservation des écosystèmes marins et la protection des espèces menacées comme les baleines et les phoques.
Cette initiative inspire d'autres nations maritimes et pourrait créer un effet domino à l'échelle internationale, contribuant à l'objectif global de protéger 30 % des océans de la planète d'ici 2030.
7. Retour du lynx en Bulgarie après un siècle d'absence
En septembre 2025, la Bulgarie a célébré la réintroduction du lynx boréal sur son territoire, plus d'un siècle après sa disparition locale. Six spécimens ont été relâchés dans les Balkans dans le cadre d'un programme européen de restauration de la grande faune.
Cette réintroduction s'accompagne d'un dispositif de suivi par colliers GPS, permettant aux scientifiques de comprendre les déplacements et le comportement des animaux. Des mesures de protection ont été mises en place pour prévenir les conflits avec les éleveurs, incluant des indemnisations en cas d'attaque sur le bétail.
Le retour du lynx est un indicateur de la bonne santé écologique des forêts bulgares et témoigne de la possibilité de reconstituer des écosystèmes fonctionnels grâce à des programmes de conservation bien conçus.
8. Pollution atmosphérique : stagnation inquiétante
Malgré les progrès technologiques, la pollution de l'air reste un défi majeur en 2025. Selon les données de surveillance environnementale, la qualité de l'air s'est dégradée dans plusieurs métropoles mondiales, notamment dans les pays émergents où l'industrialisation rapide se fait au détriment de la santé publique.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 7 millions de décès prématurés par an sont attribuables à la pollution atmosphérique. Les particules fines (PM2.5) et le dioxyde d'azote (NO₂) restent les polluants les plus problématiques, affectant particulièrement les systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
Des initiatives locales émergent néanmoins, comme les zones à faibles émissions (ZFE) déployées dans plus de 50 grandes villes européennes, visant à réduire drastiquement la circulation des véhicules les plus polluants.
9. Transition énergétique : percée des renouvelables
L'année 2025 a vu une accélération sans précédent du déploiement des énergies renouvelables à l'échelle mondiale. La capacité installée en solaire photovoltaïque et éolien a progressé de 15 % par rapport à 2024.
Cette croissance s'explique par la baisse continue des coûts de production (le prix du kilowattheure solaire a diminué de 89 % en dix ans) et par les politiques publiques incitatives mises en place dans de nombreux pays. L'Inde et la Chine ont installé à elles seules plus de 200 GW de nouvelles capacités renouvelables.
Parallèlement, les investissements dans les énergies fossiles ont reculé pour la troisième année consécutive, signalant un basculement structurel du système énergétique mondial, même si le charbon reste encore largement utilisé dans certaines régions.
10. Accord européen sur la restauration de la nature
L'Union européenne a adopté en juin 2025 un règlement ambitieux sur la restauration de la nature, obligeant les États membres à restaurer au moins 20 % des écosystèmes dégradés d'ici 2030.
Ce texte, fruit de deux années de négociations, impose des objectifs contraignants de restauration des zones humides, des rivières, des forêts et des prairies. Les États devront présenter des plans nationaux détaillant les mesures concrètes mises en œuvre et les financements alloués.
Cette réglementation constitue un pilier majeur du Pacte vert européen et positionne l'UE comme leader mondial de la restauration écologique. Elle devrait mobiliser des investissements publics et privés considérables au cours des prochaines années.
FAQ : Comprendre les enjeux de 2025
Quels sont les principaux gaz à effet de serre surveillés en 2025 ?
Les trois principaux gaz à effet de serre sont le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄) et le protoxyde d'azote (N₂O). Le CO₂ représente environ 76 % des émissions anthropiques et provient principalement de la combustion d'énergies fossiles. Le méthane, bien que moins abondant, possède un pouvoir de réchauffement 25 fois supérieur au CO₂ sur 100 ans.
Pourquoi le seuil de 1,5 °C est-il crucial ?
Le seuil de 1,5 °C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle constitue une limite critique identifiée par le GIEC. Au-delà, les risques d'événements climatiques irréversibles augmentent drastiquement : fonte des calottes glaciaires, disparition des récifs coralliens, déstabilisation des moussons, multiplication des phénomènes extrêmes. Chaque dixième de degré compte pour limiter les impacts.
Comment les zones marines protégées contribuent-elles au climat ?
Les océans absorbent environ 30 % du CO₂ émis par l'humanité et produisent 50 % de l'oxygène atmosphérique. Les zones marines protégées permettent de préserver les écosystèmes marins qui jouent ce rôle de régulation climatique. Les herbiers de posidonie, les mangroves et les forêts de kelp sont de véritables puits de carbone dont la destruction accélérerait le réchauffement.
Quel est le lien entre biodiversité et santé humaine ?
La biodiversité fournit des services écosystémiques essentiels : 75 % des cultures alimentaires dépendent de la pollinisation animale, les forêts régulent le cycle de l'eau, les zones humides filtrent les polluants. La disparition de la biodiversité fragilise ces services et expose les populations à des risques sanitaires accrus (maladies infectieuses, insécurité alimentaire, eau contaminée).
Pourquoi la reforestation ne suffit-elle pas ?
Si la reforestation est indispensable, elle ne peut compenser à elle seule les émissions de CO₂. Un arbre met plusieurs décennies à atteindre sa capacité maximale de stockage carbone. Parallèlement, la combustion d'énergies fossiles libère instantanément du carbone stocké depuis des millions d'années. La priorité absolue reste donc la réduction drastique des émissions à la source.
Sources
Ce bilan s'appuie sur des données vérifiées issues des organismes de référence suivants :
- Chiffres clés du climat France, Europe et Monde - Édition 2025 — Ministère de la Transition écologique, janvier 2025
- Dernier rapport du GIEC : le résumé en 10 points clés — Bpifrance, 2025
- Canicules en France : origines, impacts et adaptations en 2025 — Planète Terre, août 2025
- Actualités écologiques 2025 : plans ambitieux et urgence climatique — Pandathlon, 2025
- 2025 : année de bascule d'une décennie qui conditionne notre avenir — France Nature Environnement, janvier 2026
- Les menaces sur la biodiversité — Notre Environnement, 2025




